Deux piétons à Saigon...

Publié le par nemetsacados

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La grande ville du sud vietnamien s'écrit Hô Chi Minh Ville, elle se prononce Sai Gon.  

   Saigon, c'est 7 millions d'habitants sur 2095 km². 7 millions d'habitants se déplaçant en deux roues ou en voiture, sur les 3300 kilomètres de routes de la ville. Les urbanistes tirent de ces chiffres un ratio, qui montre que la ville de Saigon possède seulement un dizième des routes nécessaires pour absorber la circulation de toute sa population. La circulation dans la ville est une horreur. Si l'on compare Hanoi à Saigon, la première est une départementale contre une énorme autoroute pour HCMV ; d'où le titre, car être piéton à Saigon n'est vraiment pas de tout repos. La circulation au Vietnam est régie par un code de la route, que personne, mais alors personne ne respecte. Les deux roues circulent à contre sens, ne marquent pas les feux, n'ont aucune notion de priorités, circulent sur les trottoirs...

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Chaque cyclomotoriste ne fait attention qu'à lui même. Curieusement, dans ce pays communiste l'individualisme atteint son appogée sur l'asphalte. Une véritable jungle urbaine difficilement supportable à notre goût, plus de deux jours. Au cours de nos déplacements piétons, nous avons manqué de peu à plusieures reprises de nous faire renverser, même sous les yeux de policiers en poste, qui n'en n'ont strictement rien à faire, leur présence se limitant à de la figuration. Les véhicules peuvent vous rouler dessus, ce n'est pas leur problème. Si par malheur, vous ne parvenez pas à l'autre bout de l'avenue avant le feu rouge, qu'importe ! Des centaines de scooters démarrent, et vous vous retrouvez en plein milieu d'un carrefour, croisant les doigts pour pouvoir un jour atteindre l'autre trottoir !

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             Malgré tout, nous avons pris notre courage à deux mains, et avons arpenté les rues pour découvrir les points d'interêt de la ville. Nous avons commecé la visite lundi après midi, après un trajet en bus depuis Da Lat. C'est avec le marché de Ben Thanh que nous avons débuté la découverte, le plus grand marché de la ville, où l'on trouve des fruits, des épices, des légumes, de la viande et du poisson, mais également une quantité très importante d'échoppes à souvenir, ce qui (à notre avis) dénature le marché, qui est plus destiné à l'étranger qu'à la population locale. Difficile le soir de trouver un restaurant trottoir, car la ville est beaucoup plus occidentalisée qu'Hanoi, et les trottoirs sont majoritairement occupés par les deux roues que par les micro-restos pourtant si bons.

 

Mardi, la journée a été l'occasion de se plonger dans l'histoire de la guerre du Vietnam. Les mots manquent quand il s'agit de qualifier le carnage fait par les américains.  

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La guerre du Vietnam, c’est 6 millions d’américains qui se sont succédés sur les fronts, avec un pic de présence de 550 000 Gis en 1969, contre 900 000 vietnamiens la même année. Cette guerre a duré 17 ans et 2 mois. En 1975, année de la fin du conflit, le bilan des bombardements américains était accablant : 14 300 000 tonnes de bombes ont été larguées sur le Vietnam, soit plus que tous les bombardements de la seconde guerre mondiale (tous fronts confondus) et la guerre de Corée réunie.

 Certaines de ces bombes ont été particulièrement ravageuses, celles au Napalm (substance incendiaire) et à l’agent orange (pesticide surpuissant qui est à l’heure d’aujourd’hui

encore responsable de cancers et de malformations ), bombes à sous munitions…etc. Toutes ces bombes ont été larguées à l’encontre des lois internationales…

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Au bilan, 58159 morts côté américain, plus de 3 millions coté viet, dont 2 millions de civils. 300 000 blessés yankees, 4 millions coté vietnamien… Depuis la fin de la guerre, 30 000 personnes sont décédées à cause des bombes non explosées, pour la plupart des agriculteurs.

Malgré ces chiffres accablants pour les vietnamiens, l’acharnement du peuple, son courage et son intelligence ont réussi à bouter hors du pays l’envahisseur américain.

Le musée présente en majorité des séries de photos du conflit. Il y en a des atroces, des émouvantes, des belles, des drôles… Bref, nous avons adoré ce musée. Ayant manqué de temps le matin pour en faire tout le tour, nous y sommes retournés en fin de journée, pour une visite totale de 3 heures. C'est, à notre avis, LE musée à faire à Saigon.

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Nous avons également visité la poste, batiment dont la construction fut dirigée par Gustave Eiffel, la cathédrale, ainsi que le palais de la réunification. Ce dernier n’a pas retenu notre attention, hormis une vidéo retraçant les grands moments de l’accession à l’indépendance du pays, au travers des deux conflits.

Le soir nous avons trouvé un resto qui servait de la bonne nourriture. Malheureusement, à la fin du repas, nous avons dit adieu à notre nouvel appareil photo…

 

Le lendemain (mercredi 29/02), la matinée a été consacrée à la tentative de récupération de ce dernier. Mais malgré la pression mise sur la patronne du resto, nous ne l’avons pas récupéré. Pour info, se tourner vers la police est peine perdue, source du consulat français à Saigon !

Il nous a donc fallu arpenter les rues de la ville en quête de boutiques de photo fiables, avec un but : retrouver le même modèle. Nous sommes tellement satisfaits de cet appareil dont nous ne citerons pas la marque (Nikon S9100), que nous ne voulions pas regrésser en qualité. Finalement, nous repartons avec le même, seule la couleur change ! Ce n’est maintenant plus qu’un accident financier et nous pouvons continuer à immortaliser notre voyage.

L’après-midi, nous avons loué une « motorbike », pour nous rendre aux tunnels de Cu Chi. Quelle aventure de se fondre dans la circulation Saigonnaise. L’aller comme le retour se sont passés sans accident, comment a-t-on fait ? Mystère ! Pit s’est collé à la conduite, mais avoue n’avoir rien compris ! Devant éviter les gens à contre sens, les gens qui brulent les feux, devant même parfois bruler le feu tant la pression derrière était forte !

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Les tunnels de Cu Chi sont un réseau de 250 kilomètres de tunnels creusés à la main par les vietnamiens. Ils ont servi durant toute la guerre, ont étés bombardés, attaqués par l’infanterie : ils ne sont jamais tombés ! Une ingéniosité impressionnante : les tunnels sont de taille miniature pour que les Gis ne puissent pénétrer à l'intérieur (nous avons dû y évoluer à quatre pattes), les entrées et les aérations sont camouflées, des pièges sont dissimulés de partout même à l’intérieur des tunnels. Nous imaginons les américains devenir fous de ne pas savoir d’où proviennent les tirs, où s’enfuient les tireurs, d’où ils ressortent, craignant à chaque instant de se faire empaler au fond d’une trappe sur des bambous affutés à l’extrême… Une super visite, vraiment différente des tunnels de Vinh Moc que nous avions découverts précédemment. ( Pour info, nous avons tout les deux réussis à passer par ce petit trou ! Il est de taille origiale, à la différence de ses voisins qui ont étés élargis pour les touristes...)

 

Nous quittons Saigon ce matin pour Can Tho, l’avant dernière étape au Vietnam, qui sera synonyme de la fin de la descente, et le début de la remontée à travers le Cambodge et qui nous conduira jusqu’au Laos.

A très vite

P & M

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