Notre bilan vélo

Nous allons essayer de résumer un peu notre petit périple à bicyclette, afin de donner, on l’espère, envie aux futurs voyageurs de tenter l’expérience !

1)      L’achat des vélos.

Nous avons fait l’acquisition de nos vélos à Phnom Penh. La rue 105 regorge de vendeurs de cycles d’occasion. On y trouve plusieurs types de vélos, dans tous les états et à des prix différents.

Nous avons opté pour le vélo du cru, sans vitesse, le plus simple qui soit et le plus économique. Il faut compter 32 à 45 USD le vélo selon son état. Nous avons négocié nos vélos à 35 USD pièce.

Naturellement, nous avons pris soin de bien examiner les engins. L’état des pneus, des freins et du pédalier ont primé dans notre choix.

Nous avons complété l’équipement d’une sangle pour fixer nos sacs à dos sur les porte-bagages arrières. Nous avons logé les petits sacs dans des paniers à l’avant. Attention, les paniers sont peu résistants.

Et enfin pour compléter le kit, nous avons acheté 2 hamacs avec moustiquaire au marché central de PP et deux bols de soupe lyophilisée au cas où. Les hamacs nous ont servi pour faire la sieste certains midis, et surtout pour dormir dans une pagode un soir où il n’y avait pas de guest house.

2)      La route.

Nous avions prévu initialement de rallier Savannakhet au Laos, en faisant le tour du Tonlé Sap depuis Phnom Penh. Nous avons finalement poussé jusqu’à Vientiane.

Nous avons découpé la route en fonction des points d’intérêt que nous voulions visiter et bien sûr en fonction des kilométrages journaliers.

Les premières étapes furent plus courtes que les dernières, l’entrainement progressif permettant de repousser un peu plus nos limites.

Nous avons majoritairement circulé sur les routes nationales. Mais nous avons également emprunté des départementales entre Kompong Thom et Kompong Cham, Kompong Cham et Stung Treng.

Les routes sont en relatif bon état : de nombreux trous parsèment la chaussée, les bas-côtés sont peu stabilisés et le goudron est bien souvent rugueux au grand dam des pneumatiques ! Seule la portion entre Kompong Cham et Stung Treng est délicate si l’on suit le Mékong. En effet, lors de notre passage, 40 kilomètres étaient revêtus de latérite qui est devenue boue au passage de la pluie.

La conduite des cambodgiens et des laotiens est très dangereuse, et il nous a fallu une concentration de tous les instants. Le danger survient de partout : les mobylettes s’insèrent sans lancer le moindre coup d’œil, font demi-tour comme bon leur semble, les mini-vans et les bus roulent à vive allure sans veiller à garder un écart suffisant avec les deux-roues. Bien souvent, nous devions rouler dans le bas-côté lorsqu’un véhicule doublait en face de nous.

L’autre danger de la route ce sont les animaux ! Les troupeaux de vaches et autres buffles sont imprévisibles. Nous ne pouvons les apercevoir qu’à la dernière minute, sortant d’un champ ou d’un bosquet. Et lorsque le troupeau a décidé de brouter l’herbe de l’autre côté de la route, la traversée des bovins se fait naturellement de façon aléatoire ! Mich’ a évité de justesse une vache, mais il en a vraiment fallu de peu !

 Nous avons parcouru au total 2 066 kilomètres.

Le soleil se lève vers 5h45 et se couche vers 18h15, ce qui limite tout de même le kilométrage. Au minimum, nous avons parcouru 51 kilomètres entre deux villes, et au maximum 144.

Nous avancions en moyenne à 22 Km/h. Nous arrivions à parcourir 90 à 105 kilomètres dans la matinée.

3)      Nos pires ennemis !

En numéro un, ce fût le soleil. Dès 9 heures, il fait très chaud. Très vite, nous avons pris l’habitude de mouiller nos casquettes toutes les heures. La crème solaire ne nous a pas empêchés de prendre quelques coups de soleil les premiers jours, et bien sûr nous arborons maintenant un magnifique bronzage short T-shirt !

Le vent n’est pas très commode non plus. Au Cambodge surtout, nous avons régulièrement eu du vent de face rendant la route plus dure.

4)      Nos meilleurs amis !

La gentillesse des cambodgiens et des laotiens. A chaque ennui mécanique, nous avons toujours pu compter sur l’aide des locaux.

Les « hello » et les « Sabaï Dee » criés du bord de la route, ainsi que les nombreux sourires et petits signes des autres usagers de la route nous ont aussi donné du courage.

Les deux gourdes remplies d’eau du robinet pour s’arroser la tête et les casquettes furent indispensables à notre avis.

5)      Les soucis mécaniques

Voici ce que nous avons amoché en 2 066 kilomètres :

-          5 chambres à air

-          1 valve

-          2 paniers

-          1 sonnette

-          2 béquilles

-          1 pneu

-          2 jantes

Il faut ajouter à cette liste les nombreux recours au compresseur et pompe à vélo.

Sur tout cela, 2 chambres à air et 2 jantes n’ont pas supporté les 50 derniers kilomètres de l’arrivée finale à Vientiane !

Mais en cas de souci mécanique sur la route, il n’y a pas de problème majeur. Il y a de nombreux réparateurs de cycles le long des routes et ils ont toujours réussi à nous dépanner et bien souvent pour des sommes modiques ou gracieusement.

 

6)      Nos impressions

Ce mois et demi à vélo a été fabuleux. Bien sûr, physiquement ce fût assez rude : la chaleur, l’effort physique et les réveils très matinaux nous ont bien fatigués. Moralement il y a eu aussi des moments difficiles, comme la journée des chiens pour Pit, les soucis mécaniques sur la route, l’état parfois limite des routes…

Mais le vélo nous a permis de découvrir le Cambodge et le Laos vraiment différemment. En bus, le voyage s’arrête lorsque l’on monte dans le bus puis reprend lorsqu’on en descend. Les paysages défilent à vive allure, aucun contact n’est possible avec les locaux. Le seul avantage du bus, c’est que c’est plus rapide…mais nous avions le temps !

En vélo, on peut sentir (l’eucalyptus, l’hévéa, les cochons, les poubelles éventrées en plein soleil !), observer (les paysages, les villages, les habitations), discuter avec la population. En effet, comme nous avions le temps, les pauses ont été l’occasion de nombreuses rencontres. Au Cambodge comme au Laos, nous avons reçu un accueil extraordinaire, rendant les difficultés moins douloureuses !

On ne pourra que conseiller ce mode de transport. Il nécessite naturellement une bonne condition physique, mais après, à chacun d’évaluer ses capacités et d’organiser sa route en conséquence !

Nous avons réussi à revendre nos vélos à Vientiane, ce qui rend le vélo vraiment économique pour se déplacer ! Nous les avions payé 56 euros pour les deux, et nous les avons revendus 35 euros. Pour plus de 2000 kilomètres parcourus, cela ne fait pas cher du kilomètre !

Bref nous avons adoré et nous le conseillons grandement ! En selle !

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