Luang Prabang, ses Vats et ses touristes...
Luang Prabang est une ville vieille de 10 000 ans, enfin sa région est peuplée depuis ce temps. Ce n’est réellement qu’au XIVème siècle que la ville a pris son essor et son importance lorsque le roi Fa Ngum en a fait la capitale de son nouveau royaume : le royaume de Lane Xang ou million d’éléphants, devenu l’actuelle république du Laos. Le nom de la ville lui vient d’un cadeau que le roi a reçu du royaume khmer : un bouddha doré.
Mais 200 ans plus tard, Luang Prabang laissa sa place de capitale à Vientiane, une ville plus sûre, loin des assauts chinois.
La ville est de nos jours classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO et bénéficie d’un gros soutien financier de la France (les gros méchants du musée national !) et plus particulièrement de la ville de Chinon avec laquelle elle est jumelée.
Forcément l’étape était inévitable pour nous et nous avons décidé d’y consacrer nos deux derniers jours de visa laotien. Nous avons eu quelques difficultés à trouver un hébergement convenable à un prix correct, car la ville étant très touristique, les prix grimpent en flèche mais la qualité ne suit pas forcément (on nous a proposé de dormir sur 2 matelas posés au sol !).
Le soir la ville est animée d’un marché de nuit où bon nombre de H’mongs exposent leur artisanat. Curieuse sensation que de redécouvrir les broderies, la coutellerie, la vannerie… etc que nous avions connu en Guyane à Javouhey. Forcément, cela fait remonter les doux souvenirs des dimanches au marché H’mong suivi d’une petite balade en canoë… ah la Guyane…
Emeline et Ama nous avaient donné une adresse pour manger à moindre coût sur Luang Prabang : un buffet à l’assiette dans une ruelle du centre-ville. On paie un euro et l’on met tout ce que l’on peut dans l’assiette. Mais le premier soir, il nous a manqué un peu d’expérience et de notion d’architecture…. ! La nourriture n’est pas sensas’, mais on sort de table nourri, c’était l’essentiel.
Lundi nous avons consacré notre journée à la découverte de la ville. Ses points d’intérêts sont majoritairement des temples. Luang Prabang regorge de Vat. Nous nous devions d’en visiter quelques-uns, mais nous avons vraiment de plus en plus de mal à les apprécier. Une architecture toujours très similaire, une décoration répétitive… comme toute bonne chose, à haute dose, on finit par s’en lasser.
Nous avons d’abord flâné dans les rues, découvrant les vestiges très bien restaurés de l’architecture coloniale française. L’apport financier de l’UNESCO et de la France a permis de sauvegarder de très belles bâtisses. Le tout baigne dans une atmosphère très calme, arborée et fleurie. La promenade fût plutôt agréable.
Ensuite nous avons enchainé les visites de vat. Bien sûr chaque entrée est payante, moyennant 2 ou 3 euros par personne, soit 2 ou 3 repas par personne !!! (C’est plus cher qu’ailleurs !)
Nous avons également visité le musée national du palais royal. Une ancienne résidence royal où l’on n’apprend rien, mais alors strictement rien ! Ah si, juste que le chauffeur du roi préférait rouler en Ford qu’en Citroën !
Aucune explication sur les règnes des rois, des grands projets qu’ils ont réalisé, les difficultés auxquelles ils ont fait face durant leurs règnes…
Les salles renferment des vitrines de statuettes de Bouddha, des centaines de statuettes quasiment identique les unes aux autres… et les cadeaux diplomatiques (service de porcelaine de Limoges de la part du général De Gaulle, fragment lunaire offert par les USA, vase de Chine… etc)
Nous avons également acheté nos billets de bus pour le lendemain. On ne pensait pas à ce moment-là que cela serait à l’origine d’une belle arnaque…
Le soir nous avions décidé de gravir les 300 marches du mont Phussy pour y contempler le coucher de soleil. A mi-chemin de l’ascension, il a fallu passer à la caisse ! 2 euros par personne le coucher de soleil ! En Asie tous les prétextes sont bons pour soutirer un maximum d’argent à l’étranger ! Bien sûr le laotien ne paye pas ce droit d’entrée ! On rêve d’être ministre du tourisme en France ! Avec toutes les idées foireuses vues en Asie, les problèmes de crise et de dette seraient vite effacés !!! Si l’on met en plus de ça un ou deux chômeurs pour tenir le guichet, on aurait réglé le problème du chômage par la même occasion
Tout ça pour se retrouver agglutinés à 300 personnes qui jouaient des coudes et des fesses pour pouvoir prendre la meilleure photo… nous avons été très déçus de cette expérience, nous conseillons de monter en journée, la vue y sera très jolie, sans coucher de soleil certes, mais bien plus calme.
Heureusement, pour le diner du soir nous avions toujours le challenge de la plus grosse assiette possible au buffet de Luang Prabang ! Nous n’avons pas rempli le défi que l’on avait passé avec nos amies guyanaises (agrandir l’assiette en agençant deux rangées de pétales de chips), mais on s’en est très bien sorti !
La petite astuce est de se munir de chips de crevette. Ils permettent de constituer des rallonges agrandissant la surface de l’assiette ! Attention toutefois, les chips sont susceptibles de casser et donc vous pouvez vous retrouver comme Mich’ à ramasser une partie de votre assiette écroulée sur le buffet !!!
Le lendemain, nous avons petit déjeuné dans les échoppes à sandwich du carrefour de la poste. Nous avions une idée bien précise en tête : attendre les chauffeurs de tuk-tuk, afin qu’ils nous proposent leur service pour nous rendre aux chutes d’eau de Kuang Si. Les prix proposés sont forcément gonflés à bloc, et les négociations sont très serrées. Nous sommes arrivés à descendre le prix, pensant avoir fait une bonne affaire : en fait on croit souvent faire une bonne affaire, mais très vite on se rend compte que nous nous sommes faits bien roulés et bien manipulés !
Toujours est-il qu’à 10h45, nous sommes arrivés sur le site des chutes. A l’entrée du site, un droit d’entrée est demandé, ce qui nous parait tout à fait normal pour l’entretien du site. Sauf que cette caisse est une véritable magouille ! Si l’on paye l’entrée au chauffeur de tuk-tuk, on ne vous délivre pas de ticket et les sous vont moitié-moitié entre le chauffeur et le caissier… cela commençait à faire pas mal de malhonnêteté en peu de temps. Nous étions très surpris car le Laos ne nous avait pas habitués à cela, bien au contraire. Mais le nord est fort touristique… forcément cela change les mentalités.
Dans l’enceinte du site, un espace est réservé à la protection d’ours d’Asie. Ce sont des ours de petite taille, noir avec un collier blanc. Les ours en captivité dans ces enclos sont des ours récupérés par une association chez des particuliers.
Bien souvent il s’agit du petit lorsque la mère est tuée par des braconniers. Les ours, grâce à l’association, ont l’air en pleine forme, en captivité certes mais dans de grands enclos, remplis de modules ludiques (hamacs, troncs et bidons où chercher la nourriture…).
Le site des cascades est splendide. Il s’agit d’une succession de cascades avec des vasques à leurs pieds propices à la baignade. L’eau y est d’une clarté magnifique, très fraîche et enchâssée dans la forêt alentour. Nous avons profité à fond de ce site jusqu’à midi. Passée cette heure, il nous tardait de rentrer sur Luang Prabang tant le site était envahi de gens. Notre faute aussi, nous y sommes allés le 1er mai, qui est également férié au Laos. Ce sont donc des centaines et des centaines de personnes qui sont venues sur le site pour y pique-niquer. Il en devenait difficile d’y circuler et encore plus de s’y baigner…
On conseille forcément cette ballade car le site naturel est sensationnel. En revanche il faut y aller le plus tôt possible pour profiter du maximum de temps au calme. (Sauf bien sur si vous êtes attirés par la foule !)
De retour à Luang Prabang, il nous a fallu récupérer nos sacs à l’auberge et attendre le tuk-tuk mis à disposition de l’agence pour se rendre à la gare routière…
Durant le trajet, un détail nous a curieusement surpris : nous devions nous rendre à la gare nord et le tuk-tuk nous a déposés à la gare sud … bizarre…
Nous n’étions que 4 passagers, forcément, 4 occidentaux. Nous avons fait pointer nos billets au guichet et le guichetier nous a donné nos titres de transport. Seulement Pit a remarqué que l’homme prenait soin de découper le coupon repas attenant au billet de bus. Or, nous avions réservé le bus avec le « diner buffet » et nous avions donc payé ce repas !
Nous lui avons donc gentiment précisé que nous avions le droit au repas et qu’il devait nous rendre les coupons. Le guichetier a d’abord prétexté qu’il venait de distribuer le dernier coupon repas ! A qui ? nous étions les premiers des 4 passagers à pointer, et en plus le repas était prévu dans un restaurant buffet sur la route, alors quand il y en a pour 50 passagers de bus, il y en a forcément pour les 4 autres !
Nous avons donc tout naturellement réclamé le remboursement de notre repas. Ce n’était pas de gaité de cœur car nous n’avions rien prévu pour manger le soir, et le midi aux chutes nous n’avions pas déjeuné … !
Le personnel de l’agence de bus a refusé catégoriquement le remboursement… jusqu’à ce que le guichetier en ait marre de nos réclamations, saisisse nos billets de bus pour les chiffonner et les balancer au nez de Pit ! Et bien après la cabane à Vang Vieng, Pit s’est offert une vitrine de guichet ! La pauvre petite vitre s’est retrouvée en un instant de l’autre côté du bureau !
Tout de suite le personnel nous a menacés de convoquer la police : mais comme précédemment, nous n’étions pas contre la présence policière ! Au contraire, nous n’étions toujours pas les voleurs mais les victimes de toutes ces magouilles…
Après les avoir menacés de porter plainte avec l’aide de l’ambassade de France (très bonne technique, ils en ont très peur car c’est une institution qu’ils ne connaissent pas ! Tout comme la technique de « attention Bouddha te regarde … il n’aime pas ce que tu fais » qu’Ama et Emeline nous ont enseignée !), le guichetier nous a enfin remboursés. Forcément il a essayé de tirer sur la corde au maximum pour ne pas tout rembourser mais en insistant nous avons eu le dernier mot (peut-être parce qu’il n’y avait plus de vitre de protection !!!)
Mais la technique est bien ficelée une fois de plus. Les occidentaux sont pris en charge à part. Une fois déposés à l’autre gare routière, il n’est plus possible de réclamer… Ce qui nous a fait comprendre la fameuse soupe de 2h15 lors de Vientiane – Ponsavanh. Tout le monde mangeait sa soupe sauf les 6 occidentaux…
Nous étions furax et tellement déçus de retrouver un tel comportement au Laos. Mais malheureusement, le nord du Laos ne nous a paru guère mieux d’un point de vue honnêteté que le voisin (peut-être trop proche) vietnamien.
Du coup l’agence nous a fait payer notre arrogance jusqu’au bout ! Nous avions réservé les sièges au premier rang pour plus de confort, mais nous nous sommes retrouvés sur la pire rangée du bus. Pourquoi la pire ? Elles ne sont pas toutes identiques ? Beh non ! Les sièges ont étés remplacés dans le bus mais ils ont étés remontés de façon totalement anarchique ! Le rang 13/14 disposait de 12 centimètres entre le bout de l’assise et le dossier de devant. Les genoux sont passés in-extremis, mais forcément appuyaient sur le dossier ! Sauf que cette position était pour un voyage de 14 heures !
Dur dur de digérer tout ça, encore plus le ventre vide. Vers 22h30 les asiatiques sont descendus et ont eu le droit à leur repas. Nous avons pu nous acheter du riz blanc et des cacahuètes…. Les boules…
Heureusement, à 2h30 du matin une partie du bus s’est vidée et nous avons pu bénéficier de 2 sièges chacun. Même si le mal était déjà fait.
Nous sommes arrivés à 9 heures à Houey Xaï, et avons quitté la gare routière à pied car les tuk tuk nous réclamaient 5 fois le prix de la course… En route, un tuk tuk nous a ramassés comprenant que nous ne céderions pas à l’entourloupe. Mais nous n’avons pas pu finir la course avec lui ! A 500m du poste frontière, il a heurté violemment une mobylette qui arrivait à contre sens. Les deux personnes âgées qui étaient à bord ont été projetées au sol et le conducteur a surement eu la jambe cassée, cette même jambe qui était coincée sous l’engin après l’impact…
Il était vraiment temps que nous passions de l’autre côté du Mékong, les derniers jours laotiens devenaient de plus en plus dur, et nous ne voulions surtout pas gâcher la très belle image du pays que nous avions auparavant. Nous conservons cette image, mais nous la nuançons tout de même maintenant.
L’immigration n’a posé aucun soucis d’un côté comme de l’autre et nous sommes arrivés à 15 heures, après un nouveau trajet en bus, à Chiang Raï, notre première étape thaïlandaise !
A très vite
P & M