Une saint Valentin à Hanoï
Nous sommes revenus à Hanoï lundi soir, après un long et éprouvant trajet en train depuis Lao Caï (11 heures dans un train digne des pires TER). Durant le trajet nos voisins ne nous ont pas ménagés, tant ils étaient bruyants et assez lourds avec les filles. A un moment le ton est même monté pour essayer de calmer leurs ardeurs. Et curieusement suite à cet incident, ces personnes que nous avions maudites pendant plus de cinq heures sont devenues de sympathiques compagnons de route, partageant avec nous des curiosités culinaires. Pit s’est fait offrir une bière en regardant les résultats de la ligue 1 de foot dans le journal sportif vietnamien ! Décidément, nous n’arrivons toujours pas à comprendre les viets : c’est tout ou rien, mais sans aucune logique ?!
Le mardi, nous avons joui d’une nuit bien reposante dans le même hôtel où nous avions élu domicile au début du voyage. Le jeune réceptionniste s’est étonné que Pit passe la Saint Valentin avec deux femmes ! La barrière de la langue aidant à la confusion, il ne parvenait à identifier la femme de la belle-sœur… Ses sourires tantôt gênés, tantôt complices nous ont beaucoup amusés.
Et oui, vous l’aurez compris, la Saint Valentin se fête aussi au Vietnam. Dans un pays où les mœurs nous paraissent coincées, cette fête représente une vraie curiosité ! Au Vietnam, la censure s’applique sur la télévision et internet : par exemple Facebook est que très rarement accessible.
A la Saint Valentin, les rues et les vitrines vivent au rythme de l’évènement. Les marchandes en bicyclette ont remplacé pour l’occasion leurs paniers de fruits par des paniers de fleurs, les boutiques exhibent des kilos de boîtes de chocolats et de nombreux marchands de ballons font leurs chiffres d’affaire au grand plaisir des cyclomotoristes qui les accrochent à leur deux roues !
Pour l’occasion, Pit a offert du jacquier à ses deux femmes du jour ! Le jacquier est un gros fruit vert à l’extérieur qui renferme sa chair jaune dans des alvéoles blanches. D’un gout assez puissant, il est considéré au Vietnam comme un fruit de qualité. Une fois tous comblés par cette pause gourmande, nous avons visité la citadelle d’Hanoï, ou plutôt la porte nord de la citadelle, le reste des ruines étant à l’intérieur d’un terrain militaire. La citadelle fût bâtie au temps du roi Ly Thaï Tô, en l’an 1010, à l’origine bâtie pour en faire une résidence royale. Elle fut à plusieurs reprises transformée. En 1886, la citadelle fut partiellement détruite par l’armée française, qui y installa son quartier générale de sa force d’artillerie. Au départ des troupes coloniales, il ne resta que des ruines et fragments de cette construction millénaire.
Nous avons continué notre journée culturelle par la visite de la prison de Hoa Lo : une maison centrale, construite par les français au temps de l’Indochine, pour y enfermer les prisonniers politiques, de droit commun, les révolutionnaires de l’indépendance. Puis, à la suite de la chute du régime colonialiste, les bâtiments furent utilisés pour maintenir en détention les pilotes des bombardiers américains, dont l’avion fut abattu. Cette visite fut vraiment intéressante. Le musée explique les conditions de détention, et il ne nous rend pas fiers d’être français ! Le régime français traitait les détenus de façon inhumaine (rappelant les conditions des bagnes guyanais) alors que les vietnamiens ont donné une leçon d’humanité en détenant les pilotes yankies : la maison fut rebaptisée le « Hanoï Hilton » par les américains tant leurs conditions de vie étaient plaisantes. Et pour cause, ils étaient mieux traités que les hanoïens eux-mêmes ! Ils mangeaient à leur faim, faisaient du sport, recevaient du courrier et des colis… alors qu’ils avaient lâché des tonnes et des tonnes de bombes sur la ville d’Hanoï, sans aucune distinction entre civils et militaires : la seule stratégie étant de tout raser pour faire craquer le régime… A la fin de la guerre, tous les pilotes ont été libérés et rapatriés aux USA avec en prime des cadeaux souvenirs !!!
Le musée rend aussi hommage au travers de quelques salles aux héros vietnamiens de la révolution de l’indépendance.
La journée s’est poursuivie par une grande session shopping dans les rues du quartier Hoa Kiem, l’occasion pour Gigi de finir le remplissage de son sac, mais Pit et Mimi ne sont pas restés en reste !
La session shopping a continué le mercredi matin, en attendant 15 heures, heure à laquelle nous avons été pris en charge pour un cours de cuisine vietnamienne.
C’est à l’institut français que nous avons officié, après avoir fait rapidement le marché avec la traductrice du chef cuistot. Nous avons partagé notre après-midi avec un couple de retraités américains, ce qui amusait beaucoup la traductrice nous comparant à une famille recomposée !
Nous avons eu le choix du menu parmi 4. Nous avons choisi le suivant :
En entrée, soupe de nouilles au bœuf.
Puis Nem vietnamien au poulet.
En plat nous avons concocté un poulet sauté au sésame et aux légumes.
Et en dessert, un gâteau de farine de riz gluant au sucre de canne.
Rendez-vous dans la rubrique « on Nem » , pour découvrir une de ces recettes !
L’atelier cuisine fut très sympa, et naturellement, nous avons dégusté ensuite nos créations, pour le plus grand plaisir de nos papilles !
De retour à l’hôtel, nous nous sommes attelés au bouclage du sac de Gigi, qui a repris un taxi en direction de l’aéroport jeudi matin à 4h30. On vous la rend, prenez en bien soin !
Pour Mimi et Pit, le départ fut un peu plus tard, en bus, direction Tam Coc…
A très vite
P & M