D'un Kompong à un autre !

Publié le par nemetsacados

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L’arrivée à Kompong Thom ne fût pas des plus faciles. Nous n'avions parcouru que 51 kilomètres, mais les difficultés ont étés rencontrées lors de la recherche d’un hébergement. Nous avions plusieurs offres mais la barrière de la langue a tout compliqué ! Au Cambodge, il y a des gens qui parlent anglais, vraiment ! Et il y a ceux qui pensent parler anglais, mais qui ne comprennent rien du tout ! Ils connaissent certaines phrases, surement préparées par leur patron, mais dès que l’on pose une question, ça se complique ! Les gens nous répondent « ok, ok ! » sans rien comprendre ! Au final, nous perdons du temps et nous n’avançons pas dans la recherche de logement !

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Kompong Thom ne présente pas d’intérêt particulier, mais sa campagne environnante vaut le détour. Mardi (20/03) nous avons donc loué une mobylette pour nous rendre à 35 kilomètres du centre, sur le site archéologique de Sambor Prei Kuk.

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Sambor Prei Kuk fût la première capitale du Cambodge, c’est également le berceau de la civilisation préangkorienne. Le site est un ensemble de temples datant du VIème siècle de notre ère, et forcément compte tenu de l’âge, il est fortement dégradé. Mais combien de monuments datant du VIème siècle peut-on voir ? Naturellement, après le passage par Angkor, le site n’est pas très surprenant, mais perdu dans la forêt, la ballade y est fort agréable. Il n’y a pratiquement pas de touristes, seul des micros groupes que l’on peut compter sur les doigts d’une main.

Vous l’aurez compris, il fût bien bon de se promener au milieu de ses ruines. Seule une colonie de singes est venue perturber la tranquillité des lieux ! Nous avions déjà eu, au cours des précédents voyages, plusieurs mésaventures avec les primates, donc maintenant on se méfie ! Encore plus quand un macaque nous montre ses dents !

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Ensuite, nous avons voulu suivre la rivière Tonlé Sen par une piste ensablée. Nous nous sommes retrouvés au pied d’un arbre avec deux cambodgiennes qui vendaient des pastèques et de la glace pilée arrosée d’un genre de caramel… Le moment fût bien drôle, car ni elles ni nous ne savions ce que nous faisions ici ! Perdus au milieu des rizières et des maisons en bois sur pilotis, avec les fameux palmiers à sucre qui tranchent avec cet horizon si plat.

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Le lendemain, nous avons repris la route, et nous avons parcouru 110 kilomètres (à vélo toujours) pour rallier la ville de Kompong Cham. La route était belle, nous avons laissé derrière nous la nationale 6 pour nous engager sur la route départementale 71. Ce ne fût pas la plus longue des étapes (car nous avions déjà fait 120 kilomètres sur une même journée) mais ce fût sans aucun doute l’étape nécessitant le plus de ressources physiques et psychologiques. Nous nous sommes élancés à 7 heures du matin après une première crevaison. La route a commencé très rapidement à s’onduler, nous imposant de gros efforts pour faire avancer nos carrosses surchargés ! Puis ce fût une deuxième crevaison qui a tout naturellement annoncé la troisième !!! A chaque fois c’était le pneu arrière de Mich’ qui a dû parcourir le dernier kilomètre à côté de son vélo ! Mais au Cambodge, on peut toujours compter sur les gens. Nous avons encore été salués sur tout le trajet, encouragés par une mère et son fils (qui voyageaient sur une charrette de paille tractée par le père au volant d'une mobylette), une jeune ado nous a dépannés lors de la deuxième crevaison, une dame qui tenait une petite gargote nous a servi une quantité de nourriture et de glaçons impressionnante pour un prix des plus dérisoires… bref une super belle journée ! A 7 kilomètres de l’arrivée, nous nous sommes arrêtés devant une maison juste pour boire une gorgée d’eau. Un vieux monsieur, malgré ses difficultés à marcher, est sorti nous saluer et échanger avec nous quelques mots en langue française qu’il avait appris sous le protectorat français.

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 Dans l'ensemble les cambodgiens sont très gentils et c'est vrai qu'ils nous prennent pour des fous de parcourir leur pays avec des vélos ! Car étant donné que nous avons des vélos du cru, ils se rendent surement compte de ce que cela représente physiquement, et peuvent surement mieux s’imaginer à notre place, contrairement aux cyclotouristes qui voyagent avec des vélos faits pour ce genre d’activité, avec sacoches, vitesses et tous les accessoires que nous connaissons en occident.

Mais certains cambodgiens peuvent devenir très bêtes aussi. Pour cela, prenez un cambodgien, donnez-lui un volant, des pédales et n’importe quelle carrosserie. Ajoutez un peu d’essence pour faire fonctionner tout ça et vous obtiendrez un cambodgien métamorphosé, à l’apothéose de l’idiotie profonde ! Plus de respect, plus de gentillesse, seul le klaxon fonctionne, annonçant l’arrivée du bolide une vitesse incroyable, nous obligeant parfois à nous jeter dans le bas-côté pour ne pas se faire percuter ! Heureusement, une fois sorti de son véhicule, il reprend sa forme de cambodgien doux et sympathique !

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Nous sommes arrivés à 15 heures à Kompong Cham, et nous nous sommes installés dans une guest house très simple sur la rive gauche du Mékong. Nous sommes tout de suite partis en quête d’un mécano pour remettre en état les vélos. Il y a énormément de réparateurs de deux roues au Cambodge, surement parce que 80 % des véhicules circulant dans le pays sont des deux-roues ! Mais tous les réparateurs ne se valent pas et il vaut mieux bien surveiller les opérations si l’on ne veut pas se retrouver avec une roue de vélo remontée de travers !

Jeudi (23/03), la journée fut très particulière… Nous avons rapidement petit-déjeuné au marché avant de prendre possession d’une mobylette louée par notre guest house. La première étape du jour fût de renflouer le porte-monnaie à la banque. Et quelle aventure ! Nous sommes toujours réfractaires aux dollars, alors pour obtenir des Riels, la monnaie nationale, il nous a fallu pas loin d’une heure au guichet de la banque, car tous les distributeurs distribuent des dollars…

Ensuite nous avons pris la route pour Chup…

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Chup est un petit village au milieu d’une énorme plantation d’hévéas. Mais ce n’est pas une plantation comme les autres. C’est à Chup que la famille paternelle de Pit a vécu pendant 12 ans.

Créée en 1924 par la Compagnie du Cambodge, une compagnie française, la plantation couvre 11 000 hectares d’hévéas. Ce sont les plantations comme Chup, implantées dans le sud-est asiatique, qui ont causé la chute de Manaus au Brésil… vous vous en rappelez ?! La compagnie n’est aujourd’hui plus française, elle est la propriété d’un grand général cambodgien, qui gère la compagnie de façon douteuse, nous a-t-on dit, entre certaines familles… Autrefois, le caoutchouc était exporté directement en France dans les usines Michelin. Aujourd’hui, les ballots finissent toujours à Clermont Ferrand, après avoir fait escale en Chine.

La production du caoutchouc permet la fabrication de pneus, de trains d’atterrissage, de matériel médical, et à Chup, une partie de la production permet la fabrication de prothèses pour Handicap International.

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La visite nous a été dispensée par monsieur Srey Young, 72 ans, le dernier francophone de l’usine. Cet homme travaille toujours à l’usine, en qualité de surveillant général. Il a très bien connu l’usine française étant donné qu’il y travaillait déjà. Après l’explication de la transformation du latex en caoutchouc, il nous a fait revivre le Chup d’antan.

Monsieur Srey Young nous a emmenés sur l’emplacement de la maison familiale (disparue aujourd’hui) et également à l’hôpital. Non non, pas de panique nous sommes tous les deux en bonne santé ! L’hôpital était autrefois tenu par le grand-père de Pit.

Nous en avions déjà fait allusion auparavant dans le blog : en 1970, la famille a dû quitter le Cambodge, suite à l’arrivée des américains. Le 23 mai 1970, à 7 heures du matin, Chup est victime du bombardement de 4 bombardiers américains.

Le village fut partiellement détruit, l’hôpital également. Il ne reste plus que quelques bâtiments en ruines, et seule une paillasse et la cicatrice que porte monsieur Srey témoignent de l’activité médicale de l’époque…

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Nous avons fini tous les trois autour d’un verre avant que M. Srey ne retourne au travail. Cet homme fut d’une extrême gentillesse, parlant un excellent français, et répondant sans problème aux nombreuses questions que nous lui avons posé. Une matinée inoubliable pour Pit, qui ne peut pas se refléter dans un article…

Ensuite, nous sommes allés nous perdre un peu plus dans la campagne. Le long du Mékong, sur une piste poussiéreuse, Mich’ a aperçu une vieille dame œuvrant sur un métier à tisser archaïque. Nous nous sommes arrêtés et toute la famille nous a reçu chaleureusement, allant même chercher un jeune du village parlant anglais pour communiquer ensemble.

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 C'était un bon moment où nous avons découvert le travail de tissage des fameux Kramas, un tissu traditionnel cambodgien aux multiples usages. Il sert de pagne, de foulard, de bandeau, de serviette, de porte bébé, de hamac pour enfant, de siège vélo pour enfant (quand on l’accroche sur le guidon !)… Nous avons fait l’acquisition d’un exemplaire, au moins celui-là on sait d’où il vient  et comment il a été fabriqué ! DSCN1860

Nous sommes rentrés par les iles sur le Mékong. Nous avons rejoint la première en bac, et la seconde par le lit du fleuve asséché ! Le paysage était magnifique ! Les paysans à la saison sèche cultivent les zones dégagées du lit du fleuve, surement d’une fertilité hors norme !

 

Mais la tranquillité du lieu a été perturbée lorsqu’un chien a voulu s’en prendre à nos mollets ! Chien Méchants + Pit conduisant la mobylette, vous imaginez bien le tableau !!! A fond les ballons sur le chemin, « il nous rattrape, il nous rattrape » « courage Pit concentre toi sur la route ! » «  Oulalla une bosse, il va nous bouffer un mollet ! », ridicule ! mais quand on a peur… ! Au final la conduite sportive a eu raison du clébard qui a fini par nous lâcher les pneus !

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Enfin, pour revenir sur la rive de Kompong Cham, nous avons emprunté une drôle de construction. Un énorme pont fait entièrement en bambou ! Chaque année, les gens doivent le reconstruire après les crues, ce qui prend environ un mois. L'ouvrage est particulièrement impressionnant et le décor dans lequel il évolue est particulièrement beau.

Et quoi de mieux qu’un pastis ou un Ti ’punch pour conclure une si belle journée ?! Il n'y avait que dans une Guest House tenue par un français qu'on pouvait avoir un tel choix !  

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Aujourd’hui (vendredi 23), l’esprit est à la glandouille ! Mais alors la vraie, celle où l’on fait de rares choses, mais alors surtout rien qui demande de faire un effort ! On en a bien besoin, car mine de rien, les kilomètres s’accumulent dans les jambes et la suite promet d’être encore plus dure !

Le nouveau départ est prévu demain à 7 heures pétantes pour environ 110 kilomètres dont une bonne partie sur piste… affaire à suivre !

 

A très vite

 

P & M

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L
Emouvant ce sejour a Shup¡¡<br /> Portez-vous bien,Laurent.
Répondre
N
<br /> <br /> Toi aussi portes toi bien, et merci pour les belles photos du nord chilien ! Ca donne bien envie !<br /> <br /> <br /> A très vite<br /> <br /> <br /> Piere et Mika<br /> <br /> <br /> <br />