La route nationale 5
C'est le début de nos aventures de cyclotouristes, et quelles aventures !
Nous sommes partis de Phnom Penh le mardi 6 mars, aux alentours de 7h45. Nous avions imaginé la sortie de la capitale en vélo plutôt compliquée, nous ne nous sommes pas trompés. La circulation y est assez dense, et tout le monde déboulait de droite et gauche, sans qu'on y comprenne grand chose ! Toujours est il que nous avons réussi au fil des kilomètres à nous éloigner de la capitale et doucement nous immerger dans la campagne cambodgienne.
L'étape prévue était de 40 kilomètres, jusqu'à Oudong. Mais voyant que nous avions bien avancé, nous avons décidé de pousser 27 kilomètres de plus pour nous trouver un hébergement.
En route, nous avons visité la colline d'Oudong, où de nombreux stupas dominent cette campagne si plane. Un jeune cambodgien nous a dispensé la visite avec un très bel anglais. Il était très gentil, comme la plus grande majorité des cambodgiens que nous avons rencontré jusqu'a présent.
Pour la première nuit itinérante, nous avons trouvé une guest house très mignonne qui nous a fait le plus grand bien. L'étape était certes petite, mais la chaleur est telle, qu'il devient vite pénible de pédaler.
Le lendemain, les choses se sont un peu durcies, nous avions 72 kilomètres à parcourir. Malgrè une longue pause aux heures les plus chaudes, Pit a eu un coup de chaleur à 2 kilomètres de l'arrivée. Nous avons du dès le soir repenser à l'organisation de nos journées, à la gestion de l'hydratation et de l'alimentation. On s'est rendu compte que le projet de faire un mois et demi à bicyclette était complètement fou, mais n'est-ce pas là notre marque de fabrique ?!
Vendredi fut la plus dure mais également la plus belle des journées. Les cambodgiens sont vraiment adorables. Ils n'ont rien, mais vous donnent tout. Depuis mardi, nous sommes salués tout le long de la route par les motos, les enfants, les familles, tout le monde ! La circulation est assez soutenue sur la route, mais les enfans du fin fond de leur jardin nous repèrent et nous adressent un premier "Hello", auquel nous nous faisons un plaisir de répondre. S'en suit alors la réponse de toutes les personnes environnantes ! Nous avons donc décidé de compter combien de familles nous saluaient durant les 95 kilomtres de la journée : Nous sommes arrivés à Svéa Don Key avec 161 groupes de personnes qui nous lancé un ou plusieurs "Hello", et cela sans compter les centaines de sourires, les signes de la main, les klaxons...
En route, nous avons fait plusieurs pauses, chacune accompagnée d'une belle rencontre. Celà a commencé par une grand-mère et son petit fils qui nous ont sorti des chaises de leur échoppe pour que l'on puisse se reposer.
Puis ce fut un homme âgé, ayant appris le français sous le protectorat, qui nous a proposé de partager son repas en échangeant avec nous ses souvenirs intacts de notre langue.
La plus drôle de ces pauses fut dans un chemin qui menait à une propriété sur le brod de la route. Toute la famille est sortie et est venue s'assoir par terre à nos cotés pour discuter et nous apprendre quelques mots en cambodgien.
Le midi, la cuisinière nous a prêté deux arbres dans son jardin, ce qui nous a permis d'étendre nos hamacs pour la sieste !
La journée a fini en apothéose car nous avons trouvé refuge le soir dans la pagode du village ! Nous avons pu y accrocher notre hamac et nous reposer au milieu des jeunes bonzes. Leur gentillesse est allée jusqu'a refuser que l'on participe financièrement au fonctionnement de la pagode en remerciement de l'abri offert.
Aujourd'hui, (samedi 10 mars) nous avons terminé la route nous séparant de Battambang, soit 75 kilomètres. Les 4 premiers jours ont bien fait souffrir nos organismes. Le soleil était clairement notre ennemi numéro un (27 à 34°C sous un ciel bleu). Et vous ne nous croirez peut-être pas mais Mimi a de nouveau des problèmes digestifs et Pit des problèmes méniscaux ! On prend les mêmes et on recommence !
Nous passerons 3 nuits à Battambang, ce qui sera normalement suffisant pour nous refaire une santé ! De leur coté, nos vélos ont bien tenu, surement à cause de leur simplicité : pas de panne possible autre que la chaine qui casse ou les pneus qui crèvent, il n'y a rien d'autre dessus !!!!
A très vite, nous on va se reposer un petit peu après ces 308 kilomètres sous le soleil cambodgien.
P & M