Lea Ay Cambodia, Sabaï Di Lao !

Publié le par nemetsacados

Au revoir Cambodge, Bonjour Laos !

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De retour à Stung Treng pour le 1er avril, nous n’avons pas fait grand-chose d’extraordinaire : une journée et demie destinée à remettre en état nos sacs, faire les lessives, la tenue du blog. Nous avons également profité de l’accès internet pour acheter nos billets d’avion retour ! Nous serons donc de retour en métropole le 19 juin, et ce, pour un bon moment…

Nous avons aussi pris le temps de nous plonger dans le guide laotien et de glaner des informations supplémentaires sur les sites de voyage.

Le marché en bas de l’hôtel est redevenu notre cantine pour ces derniers repas cambodgiens, et c’est avec grand plaisir que nous nous sommes aperçus que les vendeuses nous reconnaissaient !

Nous n’avons pas eu de mauvaise surprise en retrouvant nos sacs et nos bolides que l’on avait laissé en garderie à l’hôtel. Les gérants ont bien veillé sur eux !

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Mardi (3 avril) nous sommes repartis sur le goudron. 61 kilomètres nous séparaient de la frontière avec le Laos. Ce furent les 3 dernières heures de pédalage au Cambodge, avec au final, 1 131 kilomètres parcourus chez les khmers.

Arrivés à la frontière, nous avons d’abord dû passer l’immigration cambodgienne. Nous avions été informés des nombreuses magouilles pratiquées par les fonctionnaires, et nous sommes arrivés au poste bien préparés ! Le flic a tout de suite fait une remarque sur la date d’expiration du visa, qui correspondait au jour même. Nous lui avons donc répondu que cela était normal, que nous avions adoré le Cambodge et que nous avions voulu en profiter au maximum. Il a tenté sa chance en nous demandant un dollar par tampon, mais bien sûr nous avons refusé, prétextant n’avoir pas d’argent sur nous. Il nous a tamponné les passeports et très souriants, lui et ses collègues nous ont remercié d’avoir visité leur pays.

Entre les deux postes frontières, il y a la barrière sanitaire. C’est une bâche tendue par 4 bambous, avec une feuille de papier accrochée sur laquelle on peut lire « quarantaine » et 3 cocus sont là pour faire tourner le business. L’arnaque est simple : ils montent dans les bus, prennent la température des touristes puis facturent 1 ou 2 dollars (cela dépend des besoins de chacun !) l’acte « médical » ! Bien sûr, cela est une entourloupe, il n’y a pas de contrôle sanitaire légal, c’est juste une technique comme une autre pour pomper un peu de fric !

L’avantage, c’est qu’en vélo, on ne peut pas nous forcer à nous arrêter. Ce sont les passagers des bus qui souffrent de l’arnaque car ils sont coincés dans le car, le chauffeur s’arrête et les super-toubibs montent à bord. Nous sommes donc arrivés à l’immigration laotienne. On a fait notre demande de visa « on-arrival » et pas de souci, on nous a juste demandé les 30 USD légaux qui correspondent au tarif officiel du visa. On s’est vite réjouis que l’on ne nous demande pas de pot de vin. Mais c’était un peu trop rapide de notre part. L’arnaque laotienne est bien ficelée. On ne vous tamponne pas votre visa tout de suite, vous êtes appelés à un second guichet pour reprendre votre passeport. Mais à ce guichet, on vous réclame 2 à 4 USD par personne pour le tampon ! Bien sûr nous avons refusé de payer, en expliquant que nous n’avions pas d’argent, que nous avions juste la carte bleue. Il nous a fallu un quart d’heure de patience, alternant entre menaces (« nous allons appeler l’ambassade de France, elle n’aime pas que l’on vole les touristes ! » « Nous on a payé notre visa, on est dans la loi, mais toi tu veux nous voler, c’est illégal, t’es dans la merde ! ») et explications qu’à vélo, nous n’avons pas besoin d’avoir d’argent pour payer un bus et une motorbike. Le fonctionnaire, qui n’en gobait pas un mot, a fini par nous rendre notre passeport en nous demandant très gentiment de foutre le camp au plus vite ! On aurait pu se passer de cette formule de politesse mais on ne s’attendait pas non plus à un sourire que l’on n’a pas arrosé gratuitement !

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Malheureusement ce business est entretenu par bon nombre de voyageurs. Les étrangers sont une dizaine par minibus. Seulement, si un seul paye, les autres sont quasi obligés de suivre. Et si les derniers refusent de payer, ils font attendre tout le reste du minibus, et risquent donc de voir leur transport partir et  rester sur le carreau à la frontière. Une Néozélandaise a entrecoupé nos « négociations ». Suivant notre démarche, elle ne voulait pas payer le bakchich non plus, mais elle a dû s’y résoudre en voyant que son bus était sur le départ. 4 françaises étaient dans le bus, nous avons très brièvement échangé avec elles, en expliquant qu’il ne fallait pas payer ces pots-de-vin ; elles ont répondu très simplement que nous n’avions pas le choix ! Pas le choix de quoi ? De résister à la corruption ? De ne pas être victime d’une pratique illégale par des personnes censées faire respecter la loi ? Il convient simplement d’être ferme et de ne pas céder, rester patient et maître de soi-même sous la pression. Lorsque ces escrocs n’arriveront plus à soutirer du pognon aux étrangers, ils arrêteront d’en demander. Nous pensons qu’une dizaine de personnes peut faire bloc pour qu’aucune n’ait à rincer ces pourris. Mais curieusement en Asie, il n’y a que très peu de communication entre étrangers. Les occidentaux s’ignorent ; lorsque nous saluons d’autres voyageurs, la plupart du temps notre « hello » reste sans réponse. Cette mentalité est bien différente de ce que nous avions connu en Amérique du Sud. Nous nous sommes souvent posé la question, et nous avons fini par penser qu’étant donné que voyager en Asie est bien plus simple qu’en Amérique du Sud, les voyageurs n’ont pas besoin de s’échanger des tuyaux et autres bons plans. Rien n’est cher, il y a des transports partout, donc pas la peine de partager les combines qui sont indispensables sur le continent sud-américain.

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Une fois le visa tamponné, nous avons repris notre route pour 34 autres kilomètres. La route s’est vite désertifiée, présentant peu d’habitations en bord de route, et forcément on se met à penser que si on crève un pneu on sera vite dans la mouise. Cependant, les salutations n’ont pas cessé. La seule différence est qu’au Laos, nous entendons plus de « Sabay Dee » que de « Hello ». Sabay Dee, veut dire bonjour ou salut, et il nous est lancé de façon très chaleureuse.

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Pour rallier Don Khong, notre première étape laotienne, nous avons dû emprunter un bac artisanal ! 3 pirogues étaient accrochées les unes aux autres, avec des planches pour faire office de plate-forme. Ah oui, on ne vous a pas dit, Don Khong c’est une ile ! Pas en mer, mais sur le Mékong. C’est la plus grande île de l’archipel de Si Pan Don, l’archipel aux 4000 îles. Pour info, le prix du bac est 4 fois moins cher en traversant à 3 kilomètres en aval de Muang Khong que face à Muang Khong.

Après ces 95 kilomètres de vélo durant lesquels nous avons toujours pris autant de plaisir, nous nous sommes mis à rêver de rallier les deux capitales avec eux…

Pour l’heure, la priorité a été de s’approvisionner en Kips. Le Kip est la monnaie du Laos, un euro correspondant à 10 000 Kips. La seule et unique banque de l’ile nous a permis de changer quelques dollars avant de rejoindre une ville pourvue d’un distributeur automatique (Paksé).

Nous avons dû rapidement modifier notre langage en apprenant en leçon expresse, les mots de politesses de base. Dès le premier repas, nous nous sommes rendus compte de la différence gastronomique, les plats à la carte sont différents du Cambodge ! Ouf !

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Mercredi, nous nous sommes promenés à vélo sur l’ile, en une boucle de 40 kilomètres. Ce fût l’occasion de découvrir les activités rurales de l’île (confection de galette de riz, moisson du riz, culture et transformation des palmiers à sucre…). Mais nous sommes un peu restés sur notre faim. Etant sur une ile sur le Mékong, nous nous attendions plus à être tournés vers le fleuve. En fait à Don Khong la vie de l’île se déroule plus sur terre que sur l’eau. Les activités agricoles prédominent par rapport aux activités fluviales (pêche). Il n’y a pas non plus de plage sur le fleuve, malgré la saison sèche. Cela dit, le charme de l’ile est certain, les beaux paysages sont à découvrir en compagnie d’un bon nombre de buffles !

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Jeudi, nous avions programmé 93 kilomètres pour nous véhiculer à Champassak, vers le nord. Nous avons rencontré des petits problèmes de pneumatiques au moment de partir, et le départ fût donc bien tard : ce n’est qu’à 8h30 que nous avons pris la route. La route laotienne nous a semblé moins vivante qu’au Cambodge peut-être parce qu’il y a beaucoup plus de zones inhabitées. En revanche, les salutations laotiennes sont toutes aussi chaleureuses. Nous avons encore reçu des tonnes de « Sabay Dee » et d’encouragements de la part des villageois mais également des véhicules que l’on croisait. La route est par contre beaucoup plus vallonnée. Un kilomètre de grimpette pour un kilomètre de descente, en gros. A midi, nous nous sommes octroyé une longue pause dans une gargote dont les proprios étaient très gentils. L’esprit tranquille, nous avions fait 70 kilomètres et nous pensions n’en avoir plus que 23 à parcourir après la digestion.

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Nous avons repris la route, et à 93 kilomètres, il n’y avait pas de Champassak ! La bifurcation n’était qu’à 106 kilomètres. Nous étions alors à 17 kilomètres de Champassak, et à 32 de Paksé, la grande ville la plus au sud du pays. Voyant le peu de kilomètres de différence, nous avons décidé de pousser directement jusqu’à Paksé. Mais à 20 kilomètres de l’arrivée, les nuages se sont noircis, le vent est devenu tempête et la pluie s’est mise à tomber avec une extrême violence. Nous n’arrivions plus à avancer, et le temps de regagner un abri, nous avons été trempés jusqu’aux os. De l’eau est entrée jusque dans les chaussures de marche de Pit ! Le vent associé, on a redécouvert brutalement ce que cela faisait d’avoir très froid.

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Nous sommes restés 20 minutes sous un abri de fortune en compagnie de deux jeunes cyclomotoristes. Nous avons dû ensuite redoubler d’énergie pour arriver à Paksé avant la nuit. C’est ce que nous avons fait de justesse. Les 140 kilomètres de la journée nous ont bien fatigués !

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Nous allons donc rester 4 jours dans la région et emprunter un scooter pour parcourir le plateau des Bolovens (beaucoup trop vallonné pour nos bicys) avant de continuer notre route vers le nord.

A très vite.

P & M

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